Hello les amis!

Toute bonne chose a une fin. Notre tour d'Asie du sud-est (15 sept. 2010 - 15 juil. 2011), c'était : l'Indonésie, la Malaisie, Singapour, la Thaïlande, le Laos, le Vietnam puis le Cambodge.

Décollage-retour vers Paris dans quelques heures, à 00h25 vendredi (heure locale).
A +

mardi 10 mai 2011

Gloire à l'Oncle Hô

Dès le passage de la frontière, on avait senti qu'on changeait de pays. Un gradé tout juste sorti de la puberté nous expliquait sur un ton ferme de petit caporal la règlementation en matière de visa. Pas de place à la discussion. Tu obtempères en silence et pénètres dans les différents bureaux où on entendrait presque les mouches voler.

Après le communisme "à la cool" du Laos, on expérimente le communisme "rugueux" du Vietnam. Ici, Facebook est aux abonnés absents. Indisponible légalement sur la toile. Les visages et les comportements sont aussi très directifs voire intrusifs. "Vous faites quoi aujourd'hui ? Et demain ?". On ne va pas aller jusqu'à dire qu'on nous espionne mais l'écart est flagrant. On essaie de les dérider (si je puis me permettre l'expression) pour décrocher un sourire.

Ce qui est le plus frappant ici, c'est le culte du "lider maximo" et tombeur des colonialistes. Hô Chi Minh, celui que l'on surnomme Oncle Hô, est omniprésent. Impossible de traverser le Vietnam sans tomber sur sa silhouette ou sa barbichette sur des affiches, dans un cadre sur le mur d'une maison ou dans les musées.
A Hanoï, un immense bâtiment en forme de Lotus (je n'avais a priori pas noté la subtilité architecturale...) abrite un musée très brouillon à la gloire du penseur du communisme vietnamien. La dernière fois que l'on a vu une telle dévotion, c'était sous un régime bien différent : le roi Bhumibol en Thaïlande !

Nico


Retour de Patrick sur le blog. Une étoile sur l'autre bannière étoilée.








 .

samedi 7 mai 2011

L'infatigable vieux dragon


Une Allemande et deux Belges rencontrées à Diên Biên Phu avaient décrété que Hanoï méritait d'y passer une seule journée. Nous sommes restés une semaine dans la capitale. C'est l'un des avantages qui s'offre au routard longue durée : on aime, on reste un peu.

Pour moi, la cité ressemble au Vietnam urbain dont j'avais rêvé.


  


Hanoï, la trépidante.
Une ville qui bouge et qui fait du bruit. Concert ininterrompu de klaxons. Les scooters sont innombrables. Difficile de se frayer un passage quand, en plus, les feux tricolores ne semblent être là que pour le décor.

Hanoï est aussi une ville qui vit de son passé, avec ses nombreux musées et son théâtre de marionnettes d'eau qui raconte le folklore vietnamien et la naissance de Thang Long. C'est le nom donné à la capitale avant qu'elle ne soit prise par les Français, et qui signifie littéralement "dragon prenant son envol".

Au royaume des mamies ! Le musée de la femme rend hommage aux "héroïnes de la Nation".






Un vendeur de chapeaux coniques tente de se frayer un passage parmi les motos.


























Hanoï, l'élégante.
Les silhouettes, a fortiori celles des jeunes Vietnamiennes, rappellent certains romans de Marguerite Duras.
Les murs de la capitale ont encore gardé leur couleur pastel, héritée de l'époque coloniale. Dans son vieux quartier, Hanoï est un enchevêtrement de ruelles étroites et de "maisons tubes", construites en longueur pour éviter de payer les taxes calculées selon la largeur des habitations. 













Hanoï, la nonchalante.
Des groupes assis sur de petits tabourets, à discuter en sirotant une bière à 0,70 centimes d'euro.
Une femme en pyjama qui se repose sur sa moto.
Un type qui se rase au milieu d'un carrefour.
La cité peut être relaxante, à condition bien sûr d'oublier le bruit de sa circulation!

 




Hanoï, la commerçante.
Ici encore plus qu'ailleurs, les femmes sont impressionnantes. Elles font tout: s'occuper de l'éducation des enfants et subvenir, souvent, aux besoins de la famille quand les revenus tirés du riz ou de l'élevage de buffles s'avèrent insuffisants.
Elles ont une sacrée force, lorsqu'il s'agit de manier la rame des petites embarcations, sur les rivières voisines de la ville. Également lorsqu'elles portent la palanche, cette tige de bambou avec deux paniers. L'une de ces marchandes ambulantes me l'a placée sur l'épaule sans même me demander mon avis... Elle a failli me broyer la clavicule!

Ces femmes au chapeau conique marchent toute la journée à la rencontre de leurs clients, souvent dès l'aube, après le marché où elles vont s'approvisionner.
Avec elles comme avec d'autres, il faut savoir jouer à la marchande! Même pour un ananas ou trois beignets. Nico - qui a longtemps freiné des quatre fers quand il s'agissait de négocier - s'est pris au truc. Avec un peu d'humour, ça marche - presque- toujours!

50 000 vietnam dongs pour un ananas. "Datqua!" (trop cher) rétorque Nico.

Cette marchande n'a pas insisté. Elle a compris qu'on partait le lendemain.






































Mais aussi : Hanoï, la fatigante.
Le reproche fait à Hanoï peut être adressé à tout le pays ou, plutôt, aux habitants rencontrés jusqu'ici. Ils voient les "Phap" (Français) et les autres Occidentaux comme des portefeuilles ambulants. Quand ils s'adressent à nous, c'est souvent avec des dollars au fond des yeux. Échange marchand sinon rien, pour l'instant.
A Sapa, on s'en amusait un peu. Au bout de dix jours, on en a marrrrrre un peu beaucoup, avec six "r" au moins!

Le pays s'est ouvert au tourisme, surtout depuis les années 1990. Tant mieux ! Mais il a vite fait de transformer le secteur en usine à fric. Dommage.

Merci de nous avoir suivi (c'était un peu long...),
Tchao,



Angel.

mercredi 4 mai 2011

Parce que les fleurs, c'est périssable...



Alex, petit frère de Nico et donc, mon beau-frère, te souviens-tu du moment où nous faisions nos bagages? Tu nous avait laissé des crayons "à donner aux enfants" de ce bout du monde.

On les a baladés un moment, dans un sac de congélation, voulant trouver la bonne école et les enfants auxquels ce cadeau ferait vraiment plaisir. Tes crayons sont finalement arrivés entre les mains d'écoliers du village Tay Van, où nous avons passé la nuit lors de notre trekk dans les montagnes du nord vietnamien (lire le message précédent).
Nous leur avons aussi apporté quelques cahiers, support pour leurs prochains dessins.


Dans cet établissement du primaire, ces enfants apprennent le vietnamien. Ce n'est pas leur langue maternelle : ils appartiennent à la minorité ethnique des Zay et parlent leur propre langue. Ils vivent en altitude, où leurs parents cultivent le riz et font l'élevage de buffles.



Nico leur a dit que les feutres et crayons gras étaient offerts par son frère. Ils te disent "Thank you"!



Bisous,

Angel.

Comme ailleurs au Vietnam, un portrait d'Hô Chi Minh, le fondateur du parti politique communiste, surplombe l'école de Tay Van.







lundi 2 mai 2011

"Dirty Boots" 2



Ceci n'est pas encore un message sur les transports. Rassurés ? Mais une nouvelle fois, on s'est retrouvés les pieds dans la gadoue. Pourquoi ? Voilà l'histoire.

Préambule

Se rendre dans les villages par nos propres moyens, on le fait régulièrement. Cette expérience est le plus souvent riche et forte mais on se heurte régulièrement à la barrière de la langue pour aller plus loin. On s'est donc résolus à faire un trekk autour de Sapa, l'une des régions les plus bigarrées du Vietnam. On avait d'abord contacté par mail un organisme éco-touristique. Le trekk de trois jours avec homestay dans les villages : 265 dollars par personne... On réfléchit. ça fait cher le geste citoyen. D'autant que dans un restaurant, on nous apprend que la prestation n'est guère différente de celle d'un autre organisme qui fait payer 25 DOLLARS pour deux jours !

Chapitre 1

Bref, nous voilà partis sur les chemins tortueux à flanc de montagne, derrière notre guide Gem. Au programme mercredi : deux villages H'mongs et un village Zay dans lequel on passe la nuit. Paysages de rizières magnifiques pour les yeux ; un peu d'exercice pour la forme. En route, chacun de nous est plus escorté qu'accompagné par un membre de la tribu du village suivant. Qui propose une main secourable lors des passages plus périlleux et... des souvenirs à vendre une fois l'étape terminée. Autant dire qu'il est de bon ton d'acheter un petit quelque chose.

Chapitre 2

Dans le village de Tay Van, on prend le thé et le temps. Arrivés vers 15 h, on se pose sur la terrasse. La maîtresse de maison a un anglais très limité. Alors que le soleil radieux du matin laisse place aux trombes d'eau, on discute surtout avec nos compagnons de route : Fiona, une Hong-Kongaise, Marcus et Maureen, un couple de Canadiens. On partage un repas vietnamien et le vin de riz avant de s'endormir à l'heure des poules.


Chapitre 3



Le lendemain, la nuit a laissé des traces sous les yeux pour moi, et sur la route pour tout le monde. ça glisse sévère sur le sentier que l'on emprunte. Les petites mains H'mongs sont biens accueillis par m:es compagnons de route. Moi, je fais la chèvre de montagne et mon escorte disparaît de la circulation à mi-parcours. Elle a vu que je me débrouillerai le reste du temps sans elle ! Nous touchons notre but en atteignant le pied d'une cascade avant de rentrer fourbus à notre hôtel, les pieds crottés et le cœur léger !

Épilogue

Sur les 20 km du parcours, on en a pris plein la vue. Appris un peu mais pas tant que ça sur les coutumes locales. Vécu une nouvelle expérience avec les ethnies si colorées de cette région. Voyez vous même (cliquez sur la photo) ! 


Nico

samedi 30 avril 2011

Ma p'tite vieille


Ces rides, je les aime tant. Elles racontent un peu, autant que les yeux. Ma p'tite vieille n'avait pas deviné cette faiblesse : les personnes âgées me fascinent. Toutes, sans exception. Les ronchonnes, les bavardes, les tristes et les joyeuses. Je les trouves belles. Je m'amuse à deviner un bout de leur histoire en regardant leur visage.

Ma p'tite vieille l'a anticipé. Sa tenue dit qu'elle fait partie de la minorité ethnique des Black H'Mong. Elle me donne son âge sans même que je le lui demande : 70 ans. Et sa façon de me mettre le grappin dessus dès la sortie de l'autobus et de me coller au train jusqu'à notre guest-house ne laisse aucun doute : ma p'tite vieille est une femme des villages venue vendre des bracelets, des taies d'oreillers et autres souvenirs faits main, à Sapa, ville des montagnes du nord. Elle parle un anglais moins savant qu'utile, appris au contact d'autres touristes.


Je lui fait comprendre que je vais me reposer, après deux jours de voyage éprouvants. 'Pas grave, ma p'tite vieille est là le lendemain matin, qui m'attend sur le seuil de notre guest-house!
Je lui explique que je dois petit-déjeuner. 'Pas grave, elle patiente encore. Donc oui, je finis par craquer. Je lui achète une guimbarde à trois francs six sous. David, notre acolyte catalan, marchande et achète aussi.

Voilà ma p'tite vieille ravie.
Elle m'accorde une photo et me donne une tape sur les fesses en guise d'au-revoir.

Ma p'tite vieille s'appelle Wava. Des comme elle, il y en a bien d'autres à Sapa. Le tourisme est une importante ressource économique de la région, à côté de la culture du riz. Mais toutes n'ont pas ces rides autour des yeux, qui racontent un peu.

Angel.
Avec David, sur le marché de Sapa.

vendredi 29 avril 2011

"Dirty boots"


Qu'est-il donc arrivé à mes chaussures ? "Time to rock the road" (littéralement : se balancer sur la route) dit la chanson du groupe Sonic Youth. Eh bien, entre le village laotien de Muang Khua et la ville vietnamienne de Dien Bien Phu, on a sacrément été secoués. Avec nos compagnons de route espagnols rencontrés la veille, Leire (Pays basque) et David (Catalogne), on s'accroche à ce qu'on trouve à l'arrière du bus.

Après deux jours pluvieux et une nuit de déluge, la première partie de cette route en construction ne nous fait pas de cadeau. Sur le versant de la montagne, après quelques glissades plus ou moins contrôlées, la terre boueuse à souhait a finalement raison de notre bus qui, vers 7 h du matin, s'enlise allègrement. Les passagers sont sollicités pour pousser et tirer (pour un résultat quasi nul...) sous le regard amusé d'une dizaine d'habitants des alentours. Après trente minutes, il faut l'intervention d'un engin de chantier pour nous sortir du bourbier et reprendre la route... les vêtements mouchetés de boue ! La preuve par l'image !

Nico



mercredi 27 avril 2011

Exporter l'anglais au village


Lors de notre périple, nous avons rencontré à plusieurs reprises de jeunes Laotiens avides de converser en anglais. Il y eut Hien à Luang Prabang, étudiant en anglais (lire aussi le message sur le Nouvel an). Dans une bouquinerie, nous parlons avec deux de ses camarades de classe. Tous expliquent vouloir apprendre la langue pour l'enseigner ensuite dans leur village d'origine.
Bountiem et son frère font partie de l'ethnie Lao.

Dans la campagne de la province d'Oudomxay, nous nous arrêtons en moto à Muang La. Posés sur un muret, nous avalons un casse-croûte lorsqu'un Laotien de 19 ans s'approche de nous, l'air un peu stressé. Bountiem, membre de l'ethnie Lao, étudie l'anglais pour l'enseigner et nous assène ses questions.

Il nous invite dans sa maison de bambou où il nous présente son frère ainé, 32 ans, qui a aussi étudié et enseigné l'anglais. Les deux hommes constatent qu'il n'est pas facile de pratiquer dans des provinces comme Oudomxay. Le touriste y est très très rare. Et quand on en chope un, on le garde le plus longtemps possible. Un peu ému, Bountiem nous dit au revoir, réalisant dans ses derniers mots : "Vous n'allez pas revenir, c'est ça ?". Désolé mon petit gars... "Good luck." Le voyage c'est aussi cela. Des rencontres aussi fortuites que fugaces.

Nico

Croisés en chemin...

La culture sur brûlis, la spécialité de l'ethnie Khmu.

L'artisanat de l'ethnie Tai Lu.